Archive pour la catégorie 'Blogs amis'

09
avr
09

falogo

Présente dans la manifestation contre le sommet de l’OTAN, où elle a porté ses
revendications antimilitaristes au sein du cortège libertaire, la Fédération
anarchiste s’inscrit en faux contre les propos de la ministre des forces de
répression visant à accréditer l’idée qu’elles auraient été débordées . Pendant
douze heures samedi 4 avril, la quinzaine de milliers de personnes qui avaient pu
parvenir sur le trajet n’ont pu accomplir un geste, effectuer un déplacement qui
n’ait été contrôlé par des effectifs policiers supérieurs en nombre (11.000
français, 15.000 allemands) et dotés des équipement les plus modernes en la matière
: aucun manifestant n’a pu échapper aux caméras postées sur les trois hélicoptères
dont le bruit lancinant contribuait à créer une ambiance de guerre, et d’où étaient
projetées des grenades lacrymogènes, pas plus qu’il n’était possible d’éviter la
surveillance d’un drone, ni celle des caméscopes dont se servaient les CRS, Gardes
mobiles et officiers de la BAC. Aucun manifestant ne pouvait s’extraire du parcours
imposé par la préfecture dans la zone portuaire, véritable souricière où tous les
mouvements du cortège étaient prévus et canalisés, avec un départ au milieu d’une
chicane de camions de CRS disposés pour faire un premier filtrage et, probablement,
humilier et provoquer des réactions d’hostilité justifiant l’emploi de la force.
Puis c’est pris en tenailles, littéralement bloqué à l’avant et à l’arrière, dans
une véritable embuscade militaire, que chacun a dû, mains levées, passer devant une
double haie de robocops bien décidés à briser jusqu’au bout le moral des militants
qui ne pouvaient imaginer que la police d’une aussi belle démocratie ne pouvait se
comporter avec autant de morgue, de sauvagerie, et il faut porter au crédit de la
détermination calme des cortèges libertaire et kurde le fait que la fin de la
manifestation ne se soit pas soldée par un affolement général et un bain de sang.
Même après la dislocation, les manifestants n’ont pas eu le choix de l’itinéraire
pour parcourir à pied dans une ambiance de retraite de Russie les dix kilomètres
qui les séparaient du camp de la Ganzau ;les faits sont établis, les policiers
étaient postés à chaque intersection, à qui fera-t-on croire qu’ils étaient en
nombre insuffisant ? La réalité est terrible à admettre, mais il est du devoir
politique de la Fédération anarchiste de dire le vrai : cette manifestation a subi
une lourde défaite ; pis, le combat revendicatif n’a pas eu lieu, tant les slogans
scandés au milieu d’usines désertes paraissaient dérisoires….

Dans ces conditions, la thèse des débordements au pont de l’Europe relève du
mensonge d’Etat, le choix a été fait de sacrifier un quartier défavorisé pour faire
la part du feu, ce choix n’avait d’autre motivation que de justifier la répression
et d’empêcher la population de fraterniser avec les manifestants ; le dispositif
policier était au point, de l’aveu même d’Alliot-Marie, et le maire de Strasbourg,
qui adopte une posture de dénonciation, était dans la confidence depuis le début,
il s’agit donc purement et simplement d’une combinaison cynique dont les habitants
d’un quartier défavorisé, plus faciles à punir et à surveiller que les flux de
capitaux, ont fait les frais, ce qui, à l’évidence, n’a pas suffi à désolidariser
les strasbourgeois des militants.

Pour la Fédération anarchiste, c’est le visage de la guerre des classes dans un
très proche futur qui s’est dessiné à Strasbourg pendant le sommet de l’OTAN, pour
elle, seul un mouvement social généralisé peut vaincre la brutalité policière et
débarrasser la planète des fauteurs de guerre.

Fédération anarchiste, lundi 6 avril.

08
avr
09

Le Nouvel Educateur n°192 (Revue de l’ICEM-Pédagogie Freinet)

icem1

“Le Nouvel Educateur”, La revue pédagogique de l’ICEM – pédagogie Freinet vient de paraître.
n° 192 – Avril 2009
revue bimestrielle
abonnement 35 euros – le numéro 8 euros

La pédagogie Freinet a assurément une façon d’envisager la classe aux
antipodes des regards traditionnels.
Il y a bien sûr les principes bien connus, ceux de la méthode naturelle,
du tâtonnement expérimental, de la coopération et de l’expression libre,
que nous ne cessons d’interroger et d’étudier dans le Nouvel Educateur et
dans toutes les occasions de rencontres au sein de l’ICEM.
Et pourtant, derrière tout cela – et peut-être devant ? – il y a une chose
qu’on oublie souvent de nommer, car non quantifiable, voire difficilement
définissable, qui fait de notre quotidien de classe un étonnement
permanent.
Cette réalité, c’est celle de l’inattendu, thème du dossier de ce numéro.
Egalement

Des paroles de pédagogues et de chercheurs.
Les pages des secteurs Maternelle et Second degré
et du Chantier Outils.
L’actualité et aussi des livres à lire, des albums pour la jeunesse et nos
dernières parutions.

Extraits en ligne

SOMMAIRE

Billet d’humeur

Droits de l’enfant, la France au rapport ! Catherine Chabrun

Chronique

Tous ensemble, tous ensemble ! Martine Boncourt

Hommage

Paul Le Bohec, Nicolas Go

Dossier –Pédagogie Freinet : L’inattendu au quotidien

Éditorial, Éloge de l’inattendu en pédagogie Freinet, Daniel Gostain

1ère partie : L’inattendu

Il se passe de ces choses dans nos classes !, Groupe départemental parisien
Cet imprévu qui est rendu possible et même désirable dans nos classes, cette chose qui nous échappe, nous en avons parlé ensemble dans une réunion du groupe départemental parisien, l’IPEM.

« Maître, on prépare une surprise… », Philippe Durand
Philippe Durand est enseignant spécialisé en RASED, à Vaucouleurs dans la Meuse, il nous raconte un magnifique moment de classe.

Une collègue de huit ans, l’irruption de la rencontre vraie en pédagogie Freinet, Laurent Ott
Laurent Ott est actuellement formateur dans une école d’éducateurs, il a été longtemps enseignant et directeur d’école à Longjumeau dans l’Essonne.

2ème partie : Au quotidien

Organiser pour permettre, Claude Beaunis
Claude Beaunis présente dans cet article l’organisation de sa classe en début d’année pour permettre aux différents langages, définis par Paul Le Bohec dans son livre L’école réparatrice de destin, de trouver leur place.

Le porte-poèmes, Sylvie-Anne Guergnon
Sylvie-Anne Guergnon est enseignante dans une classe de cycle 3 (CE2) à Saint-Erblon (Ille-et-Vilaine), elle nous présente un outil qui a permis aux enfants de s’engager dans la création poétique.

C’est en parlant qu’on apprend à parler, Juliette Gasselin et Nicolas Go
Juliette Gasselin est enseignante en CE2/CM1 dans l’école de Pouldreuzic (Finistère). La « part du maître » est essentielle dans son témoignage : l’écoute et la prise en compte de l’expression ont permis à une parole individuelle de rejaillir sur le collectif.

De la cage au tipi, Pascale Borsi
Pascale Borsi enseigne en CP /CE1, elle utilise les « cages à fils » de Paul Le Bohec et nous présente ce qui peut en découler …

L’orthographe, cette indispensable, Paul Le Bohec
Ce texte de Paul Le Bohec présente les invariants de sa pratique pédagogique : la pensée, la réflexion, l’imprégnation le tout en interaction avec l’expression et la création, moteurs du développement affectif de l’individu.

CréAtions

Édito : L’eau, chantier CréAtions

Bord de mer , Danielle Maltret

Le carbone hectographique, Olivier Lamaud

Mémoire vive
L’association a 40 ans, Amis de Freinet

Second Degré

Une classe co-auteure de BT, Patricia Quinsac

Parler sans bruit, échange d’idées

Maternelle

Pour que la maternelle fasse école, Agnès Joyeux

Manifeste pour mettre le CP à l’école maternelle, Christian Rousseau

Grenouille ou crapaud ? Recherche documentaire en grande section, Sylvie Pralong

Chantier Outils

Méthode naturelle et outils, Eric Joffre

Actualités
Éducation : Pour une école publique au service de tous les enfants, CA de l’ICEM
Littérature jeunesse
Livres
Éditions ICEM
Sites

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ICEM-Pédagogie Freinet
10 chemin de la Roche Montigny
44000 Nantes

02 40 89 47 50
secretariat@icem-freinet.org

06
avr
09

P2P : la réponse du berger à la bergère

oneswarm

Alors que la discussion du projet de loi Création & Internet à l’Assemblée nationale fait une pause, temps gouvernemental oblige, la toile poursuit son travail de sape des intentions législatives. L’architecture logicielle du peer-to-peer, en particulier, s’adapte déjà au contournement des barrières que l’on s’apprête à dresser. En faisant la promotion de nouveaux modes d’échanges beaucoup plus privatifs, sur le modèle des réseaux sociaux, qui échapperont aux radars du net.

La nouvelle version 5.1.1. du logiciel P2P LimeWire, qui dispose d’une base installée de plusieurs millions d’internautes dans le monde, permet désormais de créer son propre réseau d’échange privé, en marge des réseaux P2P publics qui devraient bientôt faire l’objet d’une surveillance en France. Les utilisateurs de LimeWire peuvent choisir de ne partager leurs fichiers qu’avec certaines personnes de confiance, ce qui est censé les mettre à l’abri des sniffers d’adresses IP, lesquels ne pourront pas a priori s’immiscer dans leurs échanges.

Jusqu’à présent, les applications P2P se caractérisaient par un déficit chronique en terme de protection de la vie privée. Des services comme BitTorrent ou Gnutella, par exemple, permettent à n’importe qui d’accéder aux données d’échanges entre particuliers, et à des tierce-parties de mettre en oeuvre une surveillance systématique des comportements. C’est sur cette « faille » en terme de protection de la vie privée que s’appuient les systèmes de radars prévus par le projet de loi Création & Internet.

Les réseaux sociaux : nouvelle sphère “privative”

Mais voilà qu’arrive la réponse du berger à la bergère : aux réseaux P2P publics vont succéder des réseaux F2F (Friend to Friend) privés, du type de ceux que permet également de mettre en oeuvre un plug’in comme OneSwarm, à partir d’un simple navigateur Web. Grâce à OneSwarm, dont les dispositifs d’anonymat sont mieux documentés que ceux de LimeWire, chacun peut paramétrer les fichiers qu’il souhaite partager publiquement sur le Web, et ceux qu’il réserve à ses amis ou uniquement à sa famille. Différents groupes d’échange peuvent être créés, qui accèderont à différents réservoirs de fichiers, en privé.

Au lieu de centraliser l’information permettant de savoir quel node du réseau détient quel contenu, comme sur les serveurs de trackers BitTorrent accessibles à tout public, OneSwarm localise les sources à travers le nuage de son réseau social, en l’inondant de recherches d’objets, sans qu’aucune donnée d’identification ne soit échangée entre l’émetteur et le récepteur d’un message ou d’un fichier, dont les adresses sont réécrites à de multiples reprises. Le protocole met aussi en oeuvre une système de transferts redondants qui empruntent le chemin inverse de la recherche, à travers de nombreux sauts, plutôt qu’une liaison directe entre pairs.

Chaque utilisateur est identifié par une clé cryptographique publique de 1024 bits qui permet de sécuriser ses communications. Cette clé d’identification permanente est associée, dans les communications avec les membres d’un groupe donné, à des informations de connexion temporaires (dont l’adresse IP, le n° de port, etc.), signées avec la clé publique de l’émetteur et cryptées avec celle du destinataire. Seuls les membres du groupe sont ainsi à même de recevoir cette information et de la décrypter. Impossible, donc, d’identifier des milliers d’adresses IP à la volée.

Pour le transfert de fichiers, OneSwarm utilise le coeur de la technologie BitTorrent, mais au lieu d’établir une connexion directe entre pairs, il détourne le trafic BitTorrent sur son nuage social F2F et lui fait emprunter différents chemins de manière dynamique. Comme il identifie de nouvelles sources en permanence, en émettant des requêtes sur le contenu téléchargé, il n’a pas non plus à se connecter à un serveur centralisé pour obtenir une liste de pairs le mettant eux aussi à disposition.

Une riposte graduée déjà mise en échec

Une chose est sûre, cette technologie met en échec la plupart des modes courants d’attaque utilisés contre le P2P – comme la dissémination de fichiers leurres -, et elle limite considérablement les effets que peuvent avoir certaines autres – comme le fait d’inonder le réseau de requêtes, stratégie mise en échec par un gestion équitable des priorités entre amis dans les listes d’attente. « OneSwarm est capable de résister au monitoring systèmatique qui est devenu chose courante aujourd’hui sur les réseaux P2P publics, indiquent ses créateurs. Nous soulignons, cependant, que nous n’avons absolument pas pour objectif de fournir un système éprouvé d’anonymat renforcé ou d’éliminer la possibilité d’être surveillés par de puissants agents de monitoring comme ceux du gouvernement ou des forces de l’ordre ».

La faille de ce genre de système réside en général dans le mode d’échange des clés entre pairs adoubés. OnseSwarm, dont tout le protocole est inspiré par une étude préliminaire des interactions sociales entre utilisateurs de Last.fm, préfère tabler sur des outils de communication permettant de s’appuyer sur des réseaux sociaux déjà existants, à travers lesquels les internautes savent déjà gérer des rapports de confiance, comme le système de messagerie instantanée Google Talk : le seul moyen mis à disposition à l’heure qu’il est pour inviter des amis, et procéder à des échanges individuels de clé publique.

Dans ces conditions, le compte de la risposte graduée semble réglé d’avance, au moins en puissance. L’avénement d’une nouvelle génération de logiciels favorisant des échanges privatifs étendus au sein d’un réseau social constitué est déjà programmée. Dès lors, la tentation peut être grande, pour une autorité administrative investie des pouvoirs nécessaires, de filtrer tous les échanges privatifs sur Internet.

C’est un des enjeux du projet de loi Création & Internet, en terme de libertés publiques : il introduit le risque que les intrusions de la puissance publique dans la sphère privée se répètent sur Internet, et une logique de surenchère dans les méthodes de surveillance, que le jeu du chat et de la souris avec les nouveaux services F2F (Friend-to-Friend) et de P2P cryptés, anonymes ou off-shore promet de favoriser.

22
mar
09

Vidéo : Grève générale le 19 mars 2009… et après !?

Un petit clip de 2mn 25 sur le pourquoi et le comment reconduire la grève du 19 mars 2009. L’occasion aussi de rappeler le rôle démocratique et autogestionnaire que peuvent jouer les AG dans le mouvement social…

17
mar
09

REUNION PUBLIQUE FA RENNES

fa-reunion-24-mars

17
mar
09

Pour une explosion sociale salutaire :Nous aussi, mettons le feu aux poudres

alentrepriseslogo

24 h de grève générale, c’est insuffisant face à Sarkozy, et il faut donner des suites rapides à la journée du 19 mars. L’aggravation de la crise, notamment en ce qui concerne les licenciements, rend urgente la construction d’un front social de lutte contre le pouvoir des capitalistes et de l’Etat. Pourquoi ce qui a été possible en Guadeloupe ne le serait-il pas en France ?

Le succès de la grève générale du 29 janvier est à mettre au crédit du ras le bol généralisé contre Sarkozy mais aussi de l’unité syndicale et de l’affirmation des anticapitalistes.

Toutefois, contrairement à ce qui se passe aux Antilles, les perspectives d’action sont limitées. Les syndicats français ont choisi de temporiser malgré des manifs plus massives et revendicatives qui ont montré la force potentielle des travailleurs. Cela a permis au pouvoir de reprendre la main en imposant des pseudo négociations à froid, ce qui contraste fort avec le mouvement de grève générale en Guadeloupe et Martinique…

Suivre l’exemple antillais !

Ce mouvement est exemplaire de ce qu’un syndicalisme de lutte puissant, agissant pour un front social massif et combatif, peut permettre. C’est la première fois depuis 68 qu’un mouvement populaire contraint le pouvoir à négocier sur la base des seules revendications syndicales, par une grève de masse illimitée. Belle démonstration de la pertinence stratégique de construire un « front social de l’égalité et de la solidarité », auto organisé et offensif, perspective qu’Alternative Libertaire s’efforce de populariser depuis des années. Réussite peu étonnante quand on sait que le syndicalisme de lutte pèse bien plus en Guadeloupe.

Les responsabilités des syndicats de lutte

En France, c’est aussi le syndicalisme de lutte qui doit mener campagne dans les entreprises et services publics pour la grève générale illimitée et les actions de blocage, pour l’unité d’action à la base, pour des revendications unifiantes et offensives. Il est urgent que les équipes syndicales de lutte s’affirment, se donnent de la visibilité, et tentent de se coordonner comme l’ont fait publiquement, mais de façon encore ponctuelle, des équipes CGT, SUD, FSU, à l’échelle d’un secteur (automobile), d’une ville (Rennes, le Havre), ou d’une région (Nord Pas de Calais). Comme en Guadeloupe, il faut créer partout des collectifs impulsés par les syndicats de lutte, ouverts aux associations de lutte et intégrant les organisations politiques à titre de soutien.

Porter des revendications unifiantes et offensives contre le capitalisme Il y a aussi nécessité de mettre en avant des revendications claires et unifiantes permettant de cristalliser le ras le bol, d’entraîner des luttes, et de construire un tel front social. Et il faut s’attaquer aux causes mêmes de la crise actuelle, à savoir la rémunération du capital au détriment du travail, la toute puissance des patrons et actionnaires :

- hausse immédiate de 300 euros des salaires, pensions et minima sociaux, SMIC à 1500 euros
- blocage des dividendes des actionnaires et leur redistribution
- droit de veto des salarié-e-s sur les licenciements, réquisition et autogestion des entreprises qui licencient
- baisse du temps de travail à 32h sans perte de revenu ni flexibilité, avec embauches correspondantes
- réquisition des logements vides et blocage des loyers et des prix des produits de base
- régularisation de tou-te-s les sans papiers…

Regrouper les militant-e-s anticapitalistes pour peser

Il est enfin nécessaire de construire des fronts regroupant les militants anticapitalistes afin de peser dans la bataille idéologique contre le pouvoir, pour articuler mesures d’urgence et de rupture avec le capitalisme, afin de soutenir ou d’impulser des luttes, des solidarités sur un terrain extra parlementaire. Car il n’y a rien à attendre d’un « front de gauche » électoral et sans effet sur le pouvoir du capital. Un des moyens de mener ce combat est aussi de renforcer Alternative Libertaire, afin de porter ces axes stratégiques offensifs et unitaires.

Publié le 16 mars 2009 par Secrétariat de branche Entreprises

10
mar
09

Lebrija, ville d’Espagne en grève générale contre la crise

poing

Lebrija est une petite ville située à environ 60 Km au sud de Séville. Depuis le 18 février, la région et ses

26 000 habitant-e-s sont devenus brusquement célèbres, comme première ville d’Espagne dans laquelle la population a réalisé une grève générale contre la crise et contre le népotisme économique du conseil municipal. Cette grève, à laquelle entre 90 et 95 % des occupants ont participé, a été organisée par la centrale ouvrière anarcho-syndicaliste CNT et un collectif d’habitant-e-s, qui a été fondé par des chômeurs il y a quelques semaines. Il y a 5200 chômeurs à Lebrija, autant que partout ailleurs en Espagne. Cela a des raisons structurelles, car dans la ville vivent beaucoup de journaliers, qui travaillent dans les plantations des grands propriétaires terriens alentour – et pour lesquels il n’y a que peu d’emplois dans l’hiver andalous. Depuis le déclenchement de la crise économique mondiale, l’Espagne a déjà plus l’habitude que les autres régions d’Europe, le nombre de chômeurs à Lebrija a encore une fois rapidement augmenté. En Espagne aussi l’Etat essaye après différentes conférences de contourner le danger menaçant de soulèvement social avec des programmes anti-crise. Et la distribution de cet argent était un autre motif pour la grève générale d’un jour le 18 février. La ville du népotisme La petite ville est située dans une région, où on vote traditionnellement à “gauche”. A Lebrija et dans les alentours gouvernent depuis de nombreuses années de vrais sociaux-démocrates du PSOE [1] avec la “Izquierda Unida” (IU-CA), un parti social-démocrate de gauche, qui est plutôt comparable avec le parti allemand “die Linke”. Etroitement liés avec ces partis sont les syndicats ouvriers UGT et CCOO. Ils ont reçu du gouvernement régional d’Andalousie rien que de 2004 à début 2006 plus de 265 millions d’euros de subventions directes ou cachées et se conduisent depuis étrangement pacifiquement. A Lebrija cette constellation a conduit à un système qui est qualifié par les chômeurs de la ville de “Enchufismo” (népotisme). Les membres des deux syndicats proches du gouvernement sont régulièrement favorisés pour l’attribution d’emplois de subsides de l’Etat. Pas de miracle, car les fonctionnaires de l’UGT et de la CCOO sont parties prenantes du contrôle de l’attribution. Pour plus de transparence et imposer l’arrêt de l’Enchufismo, les chômeurs de Lebrija ont fondé cet hiver un comite d’habitant-e-s. Une de leurs revendications était la fondation d’une bourse du travail locale avec la participation du comité et de la CNT. La fédération locale du syndicat anarchiste a été fondée à Lebrija il y a peu d’années. Pendant ce temps elle est après toute une série de luttes du travail et de soutien à des luttes sociales de la région avec plus d’une centaines d’adhérents un des plus importants syndicats de la région. Pour la satisfaction de leur revendication, le comité a commencé à organiser une série de manifestations debut 2009. A la première, il y avait 100 participants, 200 à la deuxième, 500 à la troisième, jusqu’à enfin le 6 février où plus de 2500 personnes dans la commune de 26000 habitant-e-s suivirent l’appel de la CNT et du comité. Une ville se mobilise Le conseil municipal dirigé par le maire Maria José Fernandez (PSOE) a fait le sourd à l’égard de la plus grosse mobilisation sociale dans la région depuis la révolution espagnole. En dehors de dénonciations et de mépris il n’a absolument pas répondu aux revendications des chômeurs. Là-dessus, ils ont commencé un projet remarquable : ils ont appelé, avec la CNT, à une grève générale à Lebrija le 18 février. Au début les autorités se sont moquées de cela ; quelques jours plus tard les patrons de la ville commençaient, avec le gouvernement local et les deux syndicats UGT et CCOO, enfin à prendre position, sur ce qu’ils pouvaient mobiliser comme clan et influence médiatique. Dans le journal local “El periodico de Lebrija” l’UGT a publié tout un tas de déclarations contre la grève et les patrons – ainsi que l’association du commerce de détail, le conseil municipal et avec ses partis et associations alliés se sont étendus sur une page entière là dessus : plutôt que de faire grève, on préfère travailler et augmenter son bien-être. Les patrons ont fixé à court terme encore une manifestation, qui a été très peu fréquentée. Tous attendaient tendus le 18 février, la veille l’administration municipale faisait encore proclamer, que personne ne participerait à la grève générale. Lebrija reste paisible Les seuls magasins qui ont ouvert à Lebrija le 18 février 2009, étaient une station service, deux bistrots et huits marchands de légumes sur le marché. Sinon, la région était une ville fantôme. Les personnels des supermarchés Dia, Lidl, Eroski et les travailleur-euse-s dans les boulangeries ont suivi l’appel à la grève à 100%. De même les employés des chantiers de constructions, dans les entreprises de services et beaucoup d’entreprises de “ravitaillement” comme presque tout les bistrots et restaurants. Quand un supermarché a ouvert la filiale Mercadona, d’une manifestation de soutien de 1500 personnes, une centaine avec des employés du supermarché ont organisé un piquet de grève et le reste de la journée presque plus personne n’a pu acheter à Mercadona. La chaîne de supermarchés est connue en Espagne à cause de ses méthodes brutales contre les grévistes et est depuis plus de deux ans dans beaucoup de villes en conflit avec la CNT. Pendant la grève générale des forces massives de la police locale et de la Guardia Civil étaient présentes dans les rues de la ville, sans que les gens se laissent intimider. Dans la soirée le comité de grève a pu faire connaître que près de 90% de la population des 26000 habitant-e-s que compte la ville ont réagit à l’appel à la grève “avec un indéniable oui”. Dans la presse on a parlé en partie de 95% de participant-e-s. Ce succès, sur l’étendue duquel personne n’avait compté même dans ses rêves les plus audacieux, est un coup dans le visage du conseil municipal. Tout le monde attend tendu, si maintenant enfin il réagira et répondra aux revendications du comité d’habitant-e-s. Si ce n’est pas le cas, les mobilisations se poursuivront. Lors de la grève générale a été institué par la CNT et le comité d’habitant-e-s tout à fait formellement la “première grève générale contre la crise”. Ce n’est pas quelque chose de complètement nouveau et un exemple seulement pour l’Espagne. Espérons que cela fera école. Source : CNT- Traduit de l’allemand par Gachet, hns-info Notes [1] Parti socialiste ouvrier espagnol




 

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